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Exquisite Mixtape 03, « Sweet 16″

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Retour d’une trop longue absence avec dans ma besace, enfin, un troisième volume des Exquisite Mixtape. Une sélection de titres récents comportant tous une forte composante Soul (acceptation large et subjective du terme).

Des handclaps qui croisent des reverbs, des chœurs de filles qui introduisent des productions saturées, du R&B post-moderne qui grésille et une chanteuse qui tutoie les fantômes de Top Gun et de Massive Attack. Au final, un voyage qui se veut subversif et subjectif et qui, partant des verts décors du Mountain Lake Hotel (Dirty Dancing) manque de se perdre dans les sous bois obscures de Black Hills (The Blair Witch Project). De la country soul des Living Sisters aux sombres délires de US Girls, une compilation qui se veut résolument aigre-Soul.

Pour lier le tout, des extraits d’un document sonore livré par ArteRadio : la délicieuse confession d’une jeune fille de 16 ans, couchant sur K7 les pensées croustillantes de sa vie amoureuses. Un document amusant, certes, mais surtout touchant, de par sa naïveté, sa pudeur, sa sincérité. Les tergiversations d’une teenager plus si innocente que ça, mais bien décidée à ne pas dénaturer l’amour. Une confession telle que la Soul en a chantée des milliers…

(Les pochettes des Exquisite ont été jusqu’ici réalisées à partir de photos postées par l’hippopotable. Qu’il en soit ici vivement remercié!)

  1. Quadron, “Pressure
  2. le duo scandinave revendique l’étiquette d’electro-soul, lorgne sur le jazz et la pop et cherche a offrir une troisième voix, entre pop-soul FM UK et revival funky-soul US. Pari difficile dont on retiendra surtout ce petit hymne joyeux et candide.

  3. The Living Sisters, “Good ole wagon”
  4. Eleni Mandell, ici rejointe par deux comparses, nous livre un disque très inégale, fait de Soul Country faussement naïve et parfois aseptisée dont se dégagent quelques éclairs faussement naïfs mais véritablement réjouissants.

  5. Summer Camp, “Ghost Train
  6. Merci Ondine pour ce coup de cœur. Petit voyage dans le temps vers une époque qu’on a pas connue, en des lieux qu’on a jamais foulé, et pourtant une émotion universelle faite de joies, de déchirements, de nostalgie excessive, de versatilité adolescente, de drames dérisoires. Les fringues, les couleurs, les coiffures, les langues, les mœurs étaient certes différents, mais l’idée est la même et son souvenir bien réel.

  7. Cults, “Most Wanted
  8. J’ai demandé à mes collègues de la blogothèque de me botter le cul si je n’avais pas écrit un papier sur Cults dans les 10 jours. Je pensais ainsi m’imposer un ultimatum efficace et redoutable, comptant sur le sadisme de mes camarades pour me ruer le cul de taloches virtuelles et néanmoins douloureuses. C’était en mars 2010 et ça en dit long sur ma procrastination maladive tout autant que sur la solidarité et l’amour qui règne a la blogothèque. je ne vois pas d’autre explication.

  9. Personna La Ave, “Beach 1
  10. Je ne sais pas grand chose de PLA mais je me suis délecté avec une insistance rare des trois titres offerts sur leur bandcamp. J’aime leur Soul décalée, leurs interprétation singulière d’une musique lointaine qu’ils ne cherchent ni a singer, ni a reproduire, mais a laquelle ils semblent incorporer le prisme des ans qui ont passés. Leur évocation est aussi floue que les souvenirs de cette époque et la musique n’en est que plus passionnante.

  11. The CQ, “I Couldn’t Say
  12. Y a des mp3s qui vous tombent dessus, vous ne savez plus trop comment, qui vous accompagne, vous ne savez trop pourquoi, qui vous donne du plaisir sans que vous sachiez si vous le méritez vraiment. Et qui pourtant ne vous emmèneront pas plus loin, comme une relation sans lendemain. De The CQ, je ne sais rien. Rien d’autre que ce morceau que j’ai aimé avec passion et légèreté.

  13. U.S.Girls, “Blue Eyes on the Blvd
  14. Auto-quote: « derrière des murailles de grésillement, retranchées dans un coin sombre et humide, se terrent des mélodies Soul que l’on croirait remontées d’un futur incertain ou ressuscitées d’un passé improbable et sur lesquelles Megan Remy crache, autant qu’elle n’y chante, des mots que l’on ne cherche plus vraiment à identifier. Parce que ces mélodies invoquent des fantômes que l’on ne distingue qu’avec peine mais qui, d’écoute en écoute, titillent nos tympans et dessinent un tableau improbable où se confondent et se lovent Shangri-La, Velvet Underground, champs de coton, ESG et lignes haute-tension. »

  15. Pure Ecstasy, “Alexandria
  16. Le groupe texan nous livre une interlude langoureusement évocatrice, qui telle un flot tranquille agitant une mer apparemment morte, nous entraîne très lentement, mais tout aussi sûrement, loin du rivage. On ferme les yeux, on se laisse aller. On sent bien que quelque chose se trame, que le statu quo n’est qu’une apparence, mais on fait mine de ne rien en savoir.

  17. Yung Life, “I Am You
  18. Pas évident de départager Yung Life de pure Excstacy. Une même obsession lo-fi, une nostalgie qui sature et grésille, des aiguës qui règnent avec aisance et une mélodie qui fait mouche.

  19. Cop Magnet, “Thinking Highly Of You
  20. Découvert par le biais de Beach Fossils (dont il avait réalisé un remix de Daydream inclus dans la précédente Exquisite Mixtape), Cop Magnet demeure une énigme. Une énigme dont on attend qu’un jour la solution nous soit livrée sous la forme d’une plaque qu’on ne peut qu’imaginer totalement WTF.

  21. Chad Valley, “Acker Bilk
  22. À la fois « so » indie et tellement « Pop », inévitablement 80ies et pourtant totalement contemporain, cet hymne a la plastique (et l’élasticité) nécessaire pour figurer sur des compilation Rock’Mantique tout autant que sur des playliste pointus de blogeurs-prescripteurs. Une prouesse pour ce membre de Jonquil à la production plutôt inégale.

  23. White Hinterland, “Cataract
  24. Un intro et un beat qui invoque les fantômes les plus froid de la Soul, une mélodie qui renverse immédiatement le thermomètre, un chant qui glace et poigne dans un même mouvement, une production pailletée d’or pur, des relans 80ies qu’on reçoit des larmes dans les yeux… La soul dans ce qu’elle peut avoir de de plus froid et de plus putassier ; un mariage étonnant mais réussi et une des plus belles chansons de l’année.

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