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Trésors des uns, putes des autres, nerf de la guerre ou racine de nos péchés, l’argent n’a cessé d’être adoré, pleuré, regretté, imploré, …
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Retour d’une trop longue absence avec dans ma besace, enfin, un troisième volume des Exquisite Mixtape. Une sélection de titres …
(PlayList) ’til The Money Runs Out
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Je suis faible. On me demande 10 morceaux, j’en mets 12. Je dois faire une playlist, j’en fais deux. Je ne maîtrise pas l’art de la concision et l’indécision a chez moi statut de religion. Voici donc, en écho à cette précédente playliste, une sélection à la mémoire du soldat Kerviel, une playlist qui fleure bon le billet vert.
« I sold a quart of blood and bought a half a pint of scotch (…) But listen baby, I’ll stay with you, ’til the money runs out » Les chansons de Tom Waits sont des toiles tendues un soir d’été sur lesquelles dansent des personnages en noir et blanc, des ivrognes sans foie ni loi.
J’aime l’ironie de ce titre faussement léger, avec ses paroles simples qui dessinent une scène burlesque, sous un ciel qui semble se faire de plus en plus pesant à mesure que la musique se fait plus pressante. « Tell me where’s your money, And I will let you go »
« You got a 38 and your book of Revelations, I got a 44 and load of temptation ». J’aurais aimé que le fantome de Rod stewart (celui de la grande époque) surgissent et renvoie ces paroles à la face de Chris Robinson, chanteur des Black Crowes, avant de s’emparer du micro et de finir lui-meme le travail. Je sais ca va faire hurler, mais le vieux Rod l’aurait emporté facile sur ce titre!
« Show me a man who says he can live without bread, And I’ll show you a man who’s a liar and in debt. There’s no one alive who can’t be purchased or enticed, There’s no man alive who wouldn’t sell for a price. Money talks and we’re the living proof. There ain’t no limit to what money can do Money talks, money talks… »
Groupe sud-africain des sixties, The Invaders nous gratifient d’un « No Money, No Honey » puissant et réjouissant, issue de la très bonne compilation Cazumbi. Amateurs de Dirtbombs, ruez-vous dessus !
Je me souviens, encore étudiant et forcément toujours un peu fauché, avoir déraisonnablement dépensé de trop rares euros pour acheter, sur un coup de tête, ce premier album de Weird War. Un album qui se clôturait par ce « Man is Money », savoureux à plus d’un titre, du coup.
Je me souviens. Gordon Gano, 1 mètre devant moi, debout sur son ampli, guitare sèche à la main et poing dressé, entonnant « It’s Money » sous les clameurs d’un public restreint mais fanatique. Sans amplification, sans autres musiciens, un rappel impromptu, 10 minutes après que les lumières avaient été rallumées et alors que les roadies dépouillaient déjà la scène de son matériel. La chose a duré un peu, Gordon a enchaîné les titres, dialogué avec le public encore présent. Ce souvenir-là, je me le garde précieusement pour mes vieux jours.
« I was gambling in Havana, I took a little risk. Send Lawyers, Guns and Money and get me out of here! ». Les Magnolia Electric co signent ici, à l’ occasion de leur Daytrotter Session, une délicieuse version de la chanson de Warren Zevon. La voix chevrotante de Jason Molina tandis qu’il conte les méfaits qui motivent ses appels au secours est particulièrement priceless.
Que Julie Doiron nous chante qu’il fait beau et nous sortirons danser en vêtements légers, même sous la plus terrible de averses. Qu’elle nous dise que l’argent n’est rien, que l’amour est tout, et nous jetterons nos maigres possessions pour se faire aimer d’elle. Car sa voix, ses mélodies, ses atmosphères, tout incite à la suivre les yeux fermés.
« Money, man, it is a bitch ». Une conclusion que Nas n’aurait pas reniée et qui est extraite du très très beau The Lyre of Orpheus
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